9 mai 2019

Rétrospective hiver 2019

Quelques photos pour une rapide rétrospective hiver 2019 ...




                    7 janvier - A la Commission des Finances et RH de la Ville de Lyon. 




21 janvier - Au Conseil municipal de Lyon. Vœux du 1er adjoint au maire de Lyon.



22 janvier - Au prix Canut avec Gérard Truchet, président de la Réoublique des Canuts



28 janvier - Aux vœux de Lyon Divers Droite et son présidentDenis Broliquier.





11 février - A l'Escale lyonnaise, avec Etienne Blanc, candidat à la mairie de Lyon en 2020


5 mars - En réunion Grande rue de la Croix-Rousse avec Etienne Blanc.




12 mars - Au Conseil de la Croix-Rousse



21 mars - A l'Assemblée Générale de l'association des commerçants de la Croix-Rousse 




27 mars - Au lancement de la campagne de Jérémie Breaud #Bron2020




30 mars - Atelier thématique "Petite enfance - Famille" d'Etienne Blanc



1er avril - Au conseil d'administration du lycée Saint-Exupéry (Lyon 4ème)



11 avril - Conseil d'administration de l'association Esprit Canut



27 avril - A "Croix-Rousse en fleurs", avec le Lyon's club de Lyon 
et l'association Cerf Volant Bleu



28 avril - Cérémonie de la Journée nationale du souvenir des victimes de la déportation



29 avril - Inauguration de la rénovation de la crèche Hénon



30 avril - A la Commission des Finances de la Ville de Lyon



4 mai - A l'atelier "Mobilités et transports" d'Etienne Blanc, candidat à la mairie de Lyon



6 mai - Conseil de la Croix-Rousse (Lyon 4ème)



8 mai - Commémorations de l'armistice de la seconde guerre mondiale



8 mai 2019

Conseil d'arrondissement du 6 mai 2019

Le 6 mai 2019 à 19 heures s'est tenu en mairie le Conseil d'arrondissement de la Croix-Rousse. Tous les élus étaient présents, exceptée Virginie Varennes, excusée. 

Dix-sept projets de délibération étaient soumis au vote consultatif du Conseil.

Télécharger les documents publics.

Parmi ces projetsnous nous sommes abstenus sur le compte administratif 2018 qui a été approuvé à la majorité.

S'agissant de la requalification de l'espace Lebrun (rapport N°04109001), nous avons défendu le maintien des stationnements existants ; le groupe EELV s'opposant à leur maintien. Ces stationnements seront maintenus comme l'a finalement indiqué Jean Truc, premier adjoint.

A l'occasion des questions diverses, je suis intervenu sur l'occupation depuis six mois de l'ancien collège Maurice Scève par de jeunes migrants, en ces termes : 

"Où en êtes-vous avec le squat de mineurs isolés étrangers dans l’ancien collège Maurice SCEVE, dans des conditions sanitaires – vous le savez - déplorables ? Combien sont-ils aujourd’hui ? Ne risque-t-on pas une évolution à l'instar du Gymnase Jeanne Bernard à Nantes, où leur nombre est passé de 200 jeunes migrants à plus de 500 en quelques mois ? Beaucoup de ceux qui sont en phase d’évaluation par Forum Réfugiés ne vont-ils pas les rejoindre, faute d’autre solution ? Vous prévoyez des places d’ici à 2020, mais d’ici là ? Et où ? La situation est explosive comme le rappelle le collectif qui suit cette installation. Nous partageons cette vision".









David Kimelfeld a confirmé la présence de plus de 200 jeunes dans ce squat, indiqué que la Métropole travaillait à une solution d'hébergement en 2020 et souligné la complexité de la situation. La presse ne manquera sans doute pas de se faire écho du reste de son intervention. 

Une question demeure : qu'adviendra-t-il si, dans six mois ou un an, ce squat devait héberger 500 jeunes isolés ou davantage ? 

Selon Le Progrès du 24 avril dernier, "en 2018, à Lyon, 328 des 332 procédures contre des mineurs pour vol à la tire concernaient des étrangers. En 2018, 2 326 procédures ont visé des jeunes hommes se disant mineurs isolés. Et de 2017 à 2018, les vols dans un lieu public ont augmenté de 27 %, avec une proportion de mineurs isolés impliqués passant de 57 % à 65 %". Ces éléments sont publics et factuels. 

Affaire à suivre très attentivement. 

De son côté, Emmanuel Hamelin a rappelé l'importance de nous adresser l'ensemble des invitations concernant les manifestations publiques dans l'arrondissement. Il est vrai que nous avons été oubliés à maintes reprises ces derniers temps (accueil des nouveaux arrivants, inauguration de la crèche Hénon, Prix Robert Luc). 

Quant à Marie Guyon, elle a fait remarquer très justement au maire que le match de football organisé récemment entre les migrants et les joueurs du FFC de la Croix-Rousse au stade des Chartreux s'était déroulé hors d'un cadre légal. Il est vrai que la présence des migrants sur le territoire l'est tout autant !

La séance a été levée vers 20 heures 30.

12 avril 2019

Musée des Tissus : le vent tourne

Réélu ce soir vice-président de l'Esprit Canut, je salue les déclarations nouvelles de David Kimelfeld, maire du 4ème et président de la Métropole, au sujet du Musée des Tissus. Le maire de la Croix-Rousse voit désormais dans le MTMAD "un musée important de la Ville" avec lequel il souhaite entretenir dune "collaboration fructueuse dans les prochains mois et les prochaines années". Il est bon de savoir changer d'avis ! Il faut en effet "regarder devant". Je nourris l'espoir d'un changement équivalent du côté de Gérard Collomb.


26 mars 2019

Cours d'Herbouville : claque de fin pour une pseudo concertation ?


La concertation publique sur l'aménagement du Cours d'Herbouville (Lyon 4ème - côté Rhône) n'en finit pas d'exaspérer une grande partie de ses habitants qui dénoncent depuis plus de trois ans une pseudo concertation. Témoignage de Maxime d’Epenoux, animateur du collectif de défense des usagers du Cours d’Herbouville. 

"L’abattage des arbres sur la partie nord et l’interdiction quasi-totale de stationnement à dater de cette semaine jusqu’à fin juillet inaugure la phase finale du processus d’aménagement du cours qui a débuté il y a plusieurs années.

A l’issue de la pseudo réunion de « concertation » de novembre dernier, le maire du 4eme arrondissement s’était engagé à nous informer de sa décision finale. Encore une promesse oublié.

Nous devrons donc nous contenter de ses déclarations dans la presse où bien entendu Monsieur Kimelfield y reconfirme sa décision de choisir l’option 3 ; option rejetée par la quasi-totalité des riverains lors de l’enquête menée par le collectif et ouverte à l’ensemble des usagers (13% pour l’option 3 et 87 % contre).

Compte tenu de la fumisterie qu’a été cette réunion de « concertation », nous avions bien compris que, de toute façon, les souhaits des habitants ne pèseraient pas lourds face aux éventuels arrangements électoraux locaux à l’approche des prochaines élections. Nous avons appris par la suite que la « ville à vélo » qui avait refusé de rencontrer notre collectif avait appelé ses adhérents à noyauter cette réunion. Peut-être Monsieur Kimelfield ne le savait-il pas … Mais lorsque des habitants du Cours se sont étonnés lors de cette réunion publique de voir la parole distribuée de façon assez partiale par le maire à des intervenants qui manifestement ne connaissaient pas les problèmes des riverains, il leur avait été répondu que c’était normal puisque les habitants du Cours se mêlaient des aménagements en dehors du cours. Comme quoi la mauvaise foi en politique est sans limite !

Malgré ça, nous avons essayés de promouvoir une solution de compromis en soutenant le scénario 2 qui n’était pas un souhait majoritaire mais qui pouvait apparaître comme un moindre mal et un consensus supportable par tous. 

Contrairement à Mr Kimelfield dont la seule obsession semble être de vouloir taper sur les habitants qui ont besoin de se garer, nous avions insisté sur une approche globale avec un partage de l’espace et la prise en compte des problématiques de pollution sur le cours qui est l’artère la plus polluée de l’arrondissement. L’essai imposé de circulation à 1 voie depuis plusieurs mois en raison des travaux pouvait ouvrir la voie à un autre scénario qui aurait permis de maintenir un stationnement décent, d’avoir une vraie desserte vélo plus pratique pour les riverains, de sécuriser la circulation des voitures et des piétons, de réduire la pollution, de sortir le cours de cet aspect d’autoroute urbaine et donc d’arriver à un meilleur cadre de vie qui aurait pu bénéficier à tous, riverains et commerçants.

Depuis 2016, Monsieur Kimelfield et son équipe nous ont reçus à plusieurs reprises sans jamais prendre en compte la moindre de nos remarques. Force est de constater que la concertation version 4ème n’est que d’apparence et le projet final validé par le maire est exactement à la virgule près celui qu’il avait choisi en 2016 déjà contre l’avis des riverains et qui avait entraîné la formation du collectif.

Qu’un maire fort de sa fonction d’élu s’autorise à prendre des décisions unilatérales sous la pression entre autres de minorités agissantes n’est pas nouveau dans notre pays, même si le « fait du prince » passe de plus en plus mal dans l’opinion publique.

Qu’un élu tolère des expressions tronquées des riverains comme lors de la dernière réunion dite de concertation ne surprendra pas grand monde dans notre démocratie bien fatiguée. Chacun a bien compris que le « nouveau monde » dont certains font un argument politique n’est qu’un lifting de pratiques qu’on aurait cru d’un temps révolu.

Mais qu’un élu passe des petits arrangements avec la vérité aux mensonges publics pour justifier ses décisions est beaucoup plus choquant. Dans le contexte politique national, il est assez irresponsable que des élus locaux qui aspirent à des responsabilités importantes se prêtent à ce type d’attitudes qui ne peut que dévaloriser encore plus la parole politique.

C’est pourtant ce qu’a fait Monsieur Kimelfield dans un article paru dans le Progrès 2 jours plus tard le 14 Décembre afin de justifier sa décision. Ses arguments sont tout simplement factuellement faux et il ne peut l’ignorer. 

Les objectifs justifiant le choix du maire seraient de « sécuriser les piétons, améliorer la qualité de vie, végétaliser le cours et permettre une meilleure circulation des vélos » .

Sécuriser les piétons : La sécurisation passe par le feu tricolore, la réduction de la vitesse des voitures et une voie cyclable pratique afin que les 2 roues ne fassent pas du rodéo sur le trottoir. La solution du collectif passant par la réduction de la circulation permettait une vraie voie vélo bidirectionnelle plus proche des immeubles. L’option retenue est au contraire accidentogène pour les piétons. Qui peut raisonnablement imaginer qu’un vélo sortant du tunnel mode doux va remonter jusqu’au début du pont, puis redescendre le long de la voie d’accès au cours, prendre la voie bus/vélo sud Nord, puis retraverser le nouveau feu tricolore pour prendre finalement le terre-plein Nord ? Chers amis piétons, préparez-vous à accueillir vélos et trottinettes sur vos trottoirs.

Améliorer la qualité de la vie : On imagine que le maire fait allusion à ce superbe terre-plein Nord qui va permettre aux familles de s’égayer joyeusement entre 2 x 3 voies de circulation sur l’artère la plus polluée de l’arrondissement… Une vraie amélioration passait par une régularisation de la circulation qui de facto réduisait pollution de l’air, sonore, visuelle et olfactive. Cela permettait un vrai partage intelligent de l’espace et un mieux vivre pour tous qui aurait pu relancer une vraie vie locale.

Végétalisation : Notre option maintenait une bande de végétalisation sur deux et n’empêchait pas la replantation d’arbres. Et au final le bilan aurait été positif avec la réduction de la circulation et de la pollution.

Circulation des vélos : Cf. notre remarque ci-dessus. On peut d’ailleurs remarquer que les cyclistes riverains n’ont pas été pris en compte puisque venant du Sud, il va falloir qu’ils fassent tout un tour côté fleuve pour arriver chez eux, à moins de remonter le trottoir piétons. Alors que les propositions du collectif permettaient une vraie piste sécurisée bidirectionnelle  beaucoup plus près des immeubles.

Je passe sur différentes propositions du collectif jamais reprises par la mairie comme un stationnement uniquement nocturne au nord, le maintien de places de co-voiturages et électriques sur le terre-plein Nord…  Il est d’ailleurs intéressant de noter que la mairie du 4eme se bat actuellement avec celle du 1er pour autoriser un stationnement nocturne sur le boulevard de la croix rousse. Qu’on soit loin ou près de la mairie semble donc influer sur la position du maire.

Dans cet article, Monsieur Kimelfield traite le collectif avec un dédain qu’un élu de la République devrait éviter avec ses propres administrés. La défunte association « O Ce Cours » n’ayant pas défendu les riverains en 2016, l’essentiel de son équipe dirigeante et de nombreux habitants ont monté ce collectif en quelques semaines à la rentrée 2016 soutenu par des centaines d’habitants et la quasi-totalité des commerçants.

Dire qu’une centaine d’habitants craint un problème de stationnement est un mensonge. Plus de 150 foyers ont participé à notre étude ouverte à tous dont 87% sont opposés à l’option du maire. Cela représente plus de 400 personnes. Nous avions d’ailleurs proposé au maire de faire faire une vraie consultation des riverains pour connaitre l’avis général. Pour une très faible portion des sommes dépensées en concertation par exemple pour l’aménagement de la place des Tapis, le maire aurait eu le plaisir de vraiment connaitre l’avis général. Il n’a pas donné suite.

Le maire parle encore de 200 places nécessaires selon les décomptes des services de la métropole. C’est un autre mensonge. Trois relevés nocturnes ont été faits par le collectif avec les mêmes résultats de 240 à 250 voitures stationnées alors que stationnement était déjà parfois difficile. Lors d’une réunion préparatoire fin octobre, l’équipe de la mairie avait confirmé qu’ils feraient un décompte nocturne qui n’a jamais été fait. Le technicien vélo a reconnu lors de la réunion en novembre que leur décompte avait été fait le matin alors que des riverains sont déjà partis au travail. Même si ce décompte nocturne aurait pris 10 minutes à un technicien, notre collectif a proposé au maire de le faire faire par un huissier à nos frais. Aucune réponse, bien entendu.

Le maire nous dit de ne pas avoir eu de remontées particulières de problèmes pendant les travaux. Autre mensonge. Nous avons collecté des dizaines et des dizaines de témoignages que nous avons intégralement transmis au cabinet du maire, comme diffusé à chacun d’entre vous. Que le maire n’ait pas pris la peine de lire les 73 témoignages collectés par notre collectif est une chose, qu’il raconte ne pas en avoir eu en est une autre !!!  Sans doute a-t-il préféré retenir les affirmations de la présidente du conseil de quartier Croix Rousse Est qui affirmait qu’il y avait beaucoup de places libres le matin quand elle partait travailler. Sans doute pensait-elle être la seule à partir au travail le matin, ce qui pouvait éventuellement expliquer les places libres qu’elle voyait après 7 heures ?

Quant au soutien des commerçants à l’option du maire, j’invite chacun à faire un tour des quelques commerces qui ont survécu à ce jour.

Tout ceci est bien affligeant. Quel gâchis !

Alors que la rénovation du cours aurait pu être un beau projet pour le bien de la communauté, nous n’avons été qu’un faire-valoir dans une situation politique lyonnaise compliquée.

Par correction, ce courrier est envoyé à Mr Kimelfield dont nous n’attendons plus grand-chose. Nous mettons aussi en copie le cabinet du maire de Lyon.

Il est en effet très étonnant et quelque peu décevant que la mairie centrale ne se soit jamais mêlé de ce projet alors que nous sommes finalement plus proches de la mairie centrale que celle du 4ème. Mr Kimelfield ne s’est pas caché lors de nos échanges de ne pas pouvoir toujours respecter les attentes des riverains compte tenu de sa double casquette de maire et patron de la métropole. Finalement, si notre maire n’avait été « que » notre maire, nous aurions pu espérer plus de considération pour les attentes de ses administrés.  Mais alors pourquoi le maire de Lyon ne pourrait pas intervenir afin d’éviter un véritable déni de démocratie ?

Bien entendu, nous sommes à l’entière disposition de Mr Collomb pour le rencontrer.

Pour conclure, nous vous rappelons que le stationnement sur 4 lignes sur 5 sera interdit à partir de cette semaine jusqu’à fin Juillet. Ci-joint une photo des panneaux courageusement déposés par un employé vendredi soir très discrètement à 20H15. Mais rassurez-vous, Monsieur Kimelfield a déclaré dans son interview « être totalement serein sur le bazar à venir sur le cours ». Si vous lui faites confiance, vous n’avez donc aucune raison de vous inquiéter.

Maxime d’Epenoux
Pour le collectif de défense des usagers du Cours d’Herbouville "


Il est à craindre que le Cours d'Herbouville paie l'addition d'une stratégie de conquête de l'électorat écologiste par David Kimelfeld dans sa quête de la présidence de la métropole en 2020. Le maire du 4ème aurait-il fait les mêmes choix s'il devait se représenter devant les électeurs du Cours d'Herbouville dans douze mois ? 

10 décembre 2018

Conseil d'arrondissement du 4 décembre 2018

Le 4 décembre 2018 à 18 heures s'est tenu en mairie le Conseil d'arrondissement de la Croix-Rousse. Tous les élus étaient présents, exceptés Abdelkader Selmi et Doumia Besson, excusés. 

Quatre projets de délibération étaient soumis au vote consultatif du ConseilParmi les projetsnous nous sommes abstenus sur le dossier concernant la programmation du Projet Educatif Territorial. 

Nous avions annoncé lors du Conseil d'arrondissement du 11 septembre dernier que, de façon générale, nous trouvions "calamiteuse la conduite de ce dossier, faite de volte-face mémorables et de reniements successifs et que nous souhaitions rester à l'écart de ce dossier".

Nous n’avons pas voté pour. Elle a été approuvée à la majorité.

Questions diverses.

Nous sommes intervenus sur les concertations menées actuellement sur la petite place de la Croix-Rousse et le Cours d'Herbouville.

Sur la petite place de la Croix-Rousse, je suis intervenu en ces termes : 

"Je me suis rendu récemment à une présentation du bilan de la concertation et de l’expérimentation concernant l’aménagement de la petite place de la Croix-Rousse. J’ai écouté attentivement l’intervention de Michel le Faou, vice-Président à l'urbanisme de la Métropole, son approche sur le nécessaire équilibre entre les usages dans l’espace public. Puis la vôtre.

Vous avez repris la tonalité de son discours, faisant implicitement acte de contrition pour la concertation de la place des Tapis, réduite selon votre propre expression, à un parti pris.

Vous avez également dit : il ne faut pas une vision binaire, opposant les usages. Oui, en effet : opposer les usages revient en définitive à opposer les usagers : le cycliste, l’automobiliste, le piéton, l’habitant, le commerçant ; oubliant une évidence : ce sont souvent les mêmes personnes. Dans tous les cas, elles doivent cohabiter dans l’espace public.

Hormis une petite pique, sans doute à l’attention de votre opposition, j’ai donc été plutôt satisfait de votre nouvelle approche. J’espère qu’elle vous inspirera pour les derniers mois de votre mandat, notamment pour le réaménagement du Cours d’Herbouville dont nous parlera Emmanuel Hamelin dans quelques instants.

Nous attendrons donc de lire vos propositions - sans doute dans la presse - pour ce petit espace (1650 m2) où nous devrions retrouver beaucoup de choses, tant les usagers sont nombreux.

D’ici là, j’ai trois questions :

1ere question : Sur le coût de cette phase de concertation et d’expérimentation, vous annoncez 300 000 euros comprenant les études préalables, la démarche participative, l’expérimentation de scenarii d’aménagement in situ, et la réalisation de travaux.

Pour ces derniers, la lecture de la délibération du 27 avril 2018 à la Métropole nous informe qu’il s’agira de travaux légers et provisoires permettant d’expérimenter. Rien de définitif, a priori.

S’agissant des études, elles s’élèvent à 94 000 euros.

Reste donc 206 000 euros de frais de concertation et d’expérimentation ; avant tout aménagement de la place. Avons-nous bien compris ? A ce prix-là, pourra-t-on avoir accès aux rapports finaux ?

Deux remarques, en complément :

Je comprendrais tout à fait que cette question du coût puisse vous sembler futile. 206 000 euros, cela représente 0,006% des 3,4 milliards de budget de la Métropole. Pour vous, cela passe sous le radar. Mais, pour « ceux qui ne sont rien » ou en tous cas pas grand-chose, c’est beaucoup.

200 000 euros (je vous fais grâce des 6000), c’est juste 15 ans de travail au SMIC et des fins de mois difficiles.  Ce sont des taxes, impôts et prélèvements qui sont autant de sommes amputées aux dépenses privées (qui se réduisent) ; celles précisément qui font vivent les commerces et les forains autour de cette place.

2ème question : A l’heure des gilets jaunes et d’un impératif qui est celui de la réduction des dépenses publiques, ne pouvait-on pas concerter et expérimenter de façon plus économe ?

Une piste : la Ville de Lyon et la Métropole comptent pas moins de 17 000 agents, pour certains très qualifiés et expérimentés en matière de concertation : on ne pouvait pas leur confier cette tâche ? Fallait-il vraiment l’intervention de prestataires extérieurs (urbanistes, spécialistes de la concertation, spécialiste du design, sociologue, …) ? 

Dernière question : à quelques mois d’une échéance municipale où tout est de plus en plus ouvert, ne craignez-vous pas que cette opération apparaisse comme un coup de pub électoraliste payé sur fond public ? "

Mon intervention a été suivi immédiatement de celle d'Emmanuel Hamelin sur la concertation concernant l'aménagement du Cours d'Herbouville, en ces termes : 

"Vous avez organisé une réunion de concertation le 14 Novembre 2018 sur le Cours d’Herbouville. J’ai assisté à cette réunion, et je dois dire que son déroulement a quand même montré les limites d’un exercice qui confronte les avis des habitants et riverains vivant au quotidien les impacts liés à l’aménagement du cours, avec des intervenants extérieurs qui pour la plupart n’habitent pas sur le Cours mais veulent imposer à leurs résidents une ville idéale, sans voiture ni pollution.

Je veux croire que votre souhait est de prendre en compte toutes les attentes, y compris, et je dirai surtout, celles de la communauté qui habite réellement sur le cours et qui est directement impactée par vos choix, et que ceux-ci sont dictés par l’intérêt général, au-delà de tout intérêt politique ou préoccupations électorales.

Durant la réunion, deux problématiques ont été soulignées pour l’essentiel par les habitants : le stationnement et la pollution.

A ce sujet, je m’étonne que vous refusiez de faire un comptage des voitures stationnées en soirée, comptage réalisé à de nombreuses reprises par le collectif d’Herbouville et qui prouve le manque de places de stationnement…

Vous vous êtes limité à un décompte à 7 heures du matin… Décompte qui n’a aucun intérêt puisque c’est l’heure où les gens partent travailler. Pourquoi voulez-vous absolument prouver par des chiffres erronés qu’il n’y a besoin que de 195 places alors qu’il y a 50 véhicules de plus qui cherchent une place chaque nuit, et que de nombreux habitants peuvent témoigner avoir des difficultés à trouver du stationnement en soirée ?

Ce refus de baser une analyse sur des données chiffrées, objectives et incontestables est pour moi incompréhensible, à moins qu’il soit dicté par d’autres considérations….

Vous nous dites depuis 2016 être en situation de concertation régulière avec les habitants. Je rajoute, « et bien au-delà »

Vous proposez aujourd’hui trois scénarios. Je ne comprends pas pourquoi car vous avez déjà écarté depuis longtemps le premier et que tout le monde sait que votre préférence va vers le 3ème… Alors pourquoi cette concertation? est-ce un prétexte?

La réalité est qu’aujourd’hui, 87% des foyers qui se sont exprimés lors de la dernière étude du collectif d’habitants sont toujours opposés au scénario 3, et si vous considérez les 114 foyers qui déclarent un véhicule sans parking privatif, le taux de rejet du scénario 3 est de 94 %.

Vous nous avez expliqué que c’était de votre responsabilité d’élu de prendre une décision. Mais prendre une décision aussi massivement rejetée par les habitants concernés me fait penser à une situation nationale que nous connaissons tous…

L’autre problématique soulevée par les participants est le problème de la pollution.

Beaucoup ont suggéré de profiter des travaux afin d’étudier la pérennisation d’une circulation à une voie sur le Nord du cours. Cet essai aurait permis de juger de l’impact dun tel aménagement. Vous l’avez refusé…

Ensuite, il serait stupide de vouloir réduire la pollution en réduisant uniquement le stationnement. Les gens qui ont un besoin impératif de voiture ne feront que tourner et retourner en soirée avec un effet direct et négatif sur la pollution.

Nous ne pouvons donc qu’insister sur l’intérêt de profiter de ces travaux afin d’envisager une expérimentation ambitieuse de circulation et de ne pas se limiter à une simple approche restrictive et punitive du stationnement.

Je prends bonne note que vous vous refusez à envisager le scénario 1, bien que soutenu par 61% des participants à l’étude. Je le regrette.

Votre préférence sur le scénario 3 totalement punitif est inacceptable pour la quasi-totalité des habitants comme l’étude l’a montré.

Un scénario 2 aménagé pourrait être une solution cohérente de compromis dans un premier temps. Nous vous rappelons que lors de la présentation des 3 scénarios en 2016, vous aviez clairement indiqué que cela pourrait être un processus évolutif sur les 15 ans à venir.

Pourquoi ne pas partir sur ce scénario 2 tout en prévoyant de lancer à l’issue des travaux des expérimentations de circulation qui dans une prochaine étape pourraient ouvrir d’autres perspectives d’aménagement de surface?

Ce scénario 2 respecterait à minima les attentes des habitants, s’intégrerait dans une politique de réduction de l’espace dédié aux voitures avec plus de 30% de places en moins, tout en assurant un espace de circulation sécurisée aux cyclistes et aux piétons.

J’ose espérer que votre choix sur le cours d’Herbouville ne se fera pas au détriment des habitants et que leur parole sera entendue. En ce qui nous concerne, nous y seront très attentifs ".

La réaction de David Kimelfeld qui s'est refusé à répondre sur le fond à nos questions, est à l'image du personnage à ses pires moments : méprisant. 

Il m'a qualifié de "populiste", ce qui n'est pas un compliment républicain ! 

Sans doute mes questions lui ont-elles fait perdre le sens de la mesure ; ou est-ce la fatigue liée à un cumul d'activités politiques qui l'ont conduit à perdre son sang-froid ? 

En bon démocrate, David Kimelfeld n'a pas accepté que je lui réponde. Je lui ai donc promis une réponse écrite. Ainsi, la lettre ouverte suivante ne manquera pas d'aplanir nos différends.

Le Progrès de Lyon s'est fait l'écho deux jours plus tard de ces excès ; interprétant un soi-disant mouvement de tête de ma part. Par lettres recommandées, j'ai demandé un droit de réponse au Progrès de Lyon, en vertu de l'article 13 de la Loi de 1881 qui a été publié le 15 décembre. 

La réunion s'est terminée vers 19 heures 30.

Bonnes fêtes de fin d'année à tous.