10 décembre 2018

Conseil d'arrondissement du 4 décembre 2018

Le 4 décembre 2018 à 18 heures s'est tenu en mairie le Conseil d'arrondissement de la Croix-Rousse. Tous les élus étaient présents, exceptés Abdelkader Selmi et Doumia Besson, excusés. 

Quatre projets de délibération étaient soumis au vote consultatif du ConseilParmi les projetsnous nous sommes abstenus sur le dossier concernant la programmation du Projet Educatif Territorial. 

Nous avions annoncé lors du Conseil d'arrondissement du 11 septembre dernier que, de façon générale, nous trouvions "calamiteuse la conduite de ce dossier, faite de volte-face mémorables et de reniements successifs et que nous souhaitions rester à l'écart de ce dossier".

Nous n’avons pas voté pour. Elle a été approuvée à la majorité.

Questions diverses.

Nous sommes intervenus sur les concertations menées actuellement sur la petite place de la Croix-Rousse et le Cours d'Herbouville.

Sur la petite place de la Croix-Rousse, je suis intervenu en ces termes : 

"Je me suis rendu récemment à une présentation du bilan de la concertation et de l’expérimentation concernant l’aménagement de la petite place de la Croix-Rousse. J’ai écouté attentivement l’intervention de Michel le Faou, vice-Président à l'urbanisme de la Métropole, son approche sur le nécessaire équilibre entre les usages dans l’espace public. Puis la vôtre.

Vous avez repris la tonalité de son discours, faisant implicitement acte de contrition pour la concertation de la place des Tapis, réduite selon votre propre expression, à un parti pris.

Vous avez également dit : il ne faut pas une vision binaire, opposant les usages. Oui, en effet : opposer les usages revient en définitive à opposer les usagers : le cycliste, l’automobiliste, le piéton, l’habitant, le commerçant ; oubliant une évidence : ce sont souvent les mêmes personnes. Dans tous les cas, elles doivent cohabiter dans l’espace public.

Hormis une petite pique, sans doute à l’attention de votre opposition, j’ai donc été plutôt satisfait de votre nouvelle approche. J’espère qu’elle vous inspirera pour les derniers mois de votre mandat, notamment pour le réaménagement du Cours d’Herbouville dont nous parlera Emmanuel Hamelin dans quelques instants.

Nous attendrons donc de lire vos propositions - sans doute dans la presse - pour ce petit espace (1650 m2) où nous devrions retrouver beaucoup de choses, tant les usagers sont nombreux.

D’ici là, j’ai trois questions :

1ere question : Sur le coût de cette phase de concertation et d’expérimentation, vous annoncez 300 000 euros comprenant les études préalables, la démarche participative, l’expérimentation de scenarii d’aménagement in situ, et la réalisation de travaux.

Pour ces derniers, la lecture de la délibération du 27 avril 2018 à la Métropole nous informe qu’il s’agira de travaux légers et provisoires permettant d’expérimenter. Rien de définitif, a priori.

S’agissant des études, elles s’élèvent à 94 000 euros.

Reste donc 206 000 euros de frais de concertation et d’expérimentation ; avant tout aménagement de la place. Avons-nous bien compris ? A ce prix-là, pourra-t-on avoir accès aux rapports finaux ?

Deux remarques, en complément :

Je comprendrais tout à fait que cette question du coût puisse vous sembler futile. 206 000 euros, cela représente 0,006% des 3,4 milliards de budget de la Métropole. Pour vous, cela passe sous le radar. Mais, pour « ceux qui ne sont rien » ou en tous cas pas grand-chose, c’est beaucoup.

200 000 euros (je vous fais grâce des 6000), c’est juste 15 ans de travail au SMIC et des fins de mois difficiles.  Ce sont des taxes, impôts et prélèvements qui sont autant de sommes amputées aux dépenses privées (qui se réduisent) ; celles précisément qui font vivent les commerces et les forains autour de cette place.

2ème question : A l’heure des gilets jaunes et d’un impératif qui est celui de la réduction des dépenses publiques, ne pouvait-on pas concerter et expérimenter de façon plus économe ?

Une piste : la Ville de Lyon et la Métropole comptent pas moins de 17 000 agents, pour certains très qualifiés et expérimentés en matière de concertation : on ne pouvait pas leur confier cette tâche ? Fallait-il vraiment l’intervention de prestataires extérieurs (urbanistes, spécialistes de la concertation, spécialiste du design, sociologue, …) ? 

Dernière question : à quelques mois d’une échéance municipale où tout est de plus en plus ouvert, ne craignez-vous pas que cette opération apparaisse comme un coup de pub électoraliste payé sur fond public ? "

Mon intervention a été suivi immédiatement de celle d'Emmanuel Hamelin sur la concertation concernant l'aménagement du Cours d'Herbouville, en ces termes : 

"Vous avez organisé une réunion de concertation le 14 Novembre 2018 sur le Cours d’Herbouville. J’ai assisté à cette réunion, et je dois dire que son déroulement a quand même montré les limites d’un exercice qui confronte les avis des habitants et riverains vivant au quotidien les impacts liés à l’aménagement du cours, avec des intervenants extérieurs qui pour la plupart n’habitent pas sur le Cours mais veulent imposer à leurs résidents une ville idéale, sans voiture ni pollution.

Je veux croire que votre souhait est de prendre en compte toutes les attentes, y compris, et je dirai surtout, celles de la communauté qui habite réellement sur le cours et qui est directement impactée par vos choix, et que ceux-ci sont dictés par l’intérêt général, au-delà de tout intérêt politique ou préoccupations électorales.

Durant la réunion, deux problématiques ont été soulignées pour l’essentiel par les habitants : le stationnement et la pollution.

A ce sujet, je m’étonne que vous refusiez de faire un comptage des voitures stationnées en soirée, comptage réalisé à de nombreuses reprises par le collectif d’Herbouville et qui prouve le manque de places de stationnement…

Vous vous êtes limité à un décompte à 7 heures du matin… Décompte qui n’a aucun intérêt puisque c’est l’heure où les gens partent travailler. Pourquoi voulez-vous absolument prouver par des chiffres erronés qu’il n’y a besoin que de 195 places alors qu’il y a 50 véhicules de plus qui cherchent une place chaque nuit, et que de nombreux habitants peuvent témoigner avoir des difficultés à trouver du stationnement en soirée ?

Ce refus de baser une analyse sur des données chiffrées, objectives et incontestables est pour moi incompréhensible, à moins qu’il soit dicté par d’autres considérations….

Vous nous dites depuis 2016 être en situation de concertation régulière avec les habitants. Je rajoute, « et bien au-delà »

Vous proposez aujourd’hui trois scénarios. Je ne comprends pas pourquoi car vous avez déjà écarté depuis longtemps le premier et que tout le monde sait que votre préférence va vers le 3ème… Alors pourquoi cette concertation? est-ce un prétexte?

La réalité est qu’aujourd’hui, 87% des foyers qui se sont exprimés lors de la dernière étude du collectif d’habitants sont toujours opposés au scénario 3, et si vous considérez les 114 foyers qui déclarent un véhicule sans parking privatif, le taux de rejet du scénario 3 est de 94 %.

Vous nous avez expliqué que c’était de votre responsabilité d’élu de prendre une décision. Mais prendre une décision aussi massivement rejetée par les habitants concernés me fait penser à une situation nationale que nous connaissons tous…

L’autre problématique soulevée par les participants est le problème de la pollution.

Beaucoup ont suggéré de profiter des travaux afin d’étudier la pérennisation d’une circulation à une voie sur le Nord du cours. Cet essai aurait permis de juger de l’impact dun tel aménagement. Vous l’avez refusé…

Ensuite, il serait stupide de vouloir réduire la pollution en réduisant uniquement le stationnement. Les gens qui ont un besoin impératif de voiture ne feront que tourner et retourner en soirée avec un effet direct et négatif sur la pollution.

Nous ne pouvons donc qu’insister sur l’intérêt de profiter de ces travaux afin d’envisager une expérimentation ambitieuse de circulation et de ne pas se limiter à une simple approche restrictive et punitive du stationnement.

Je prends bonne note que vous vous refusez à envisager le scénario 1, bien que soutenu par 61% des participants à l’étude. Je le regrette.

Votre préférence sur le scénario 3 totalement punitif est inacceptable pour la quasi-totalité des habitants comme l’étude l’a montré.

Un scénario 2 aménagé pourrait être une solution cohérente de compromis dans un premier temps. Nous vous rappelons que lors de la présentation des 3 scénarios en 2016, vous aviez clairement indiqué que cela pourrait être un processus évolutif sur les 15 ans à venir.

Pourquoi ne pas partir sur ce scénario 2 tout en prévoyant de lancer à l’issue des travaux des expérimentations de circulation qui dans une prochaine étape pourraient ouvrir d’autres perspectives d’aménagement de surface?

Ce scénario 2 respecterait à minima les attentes des habitants, s’intégrerait dans une politique de réduction de l’espace dédié aux voitures avec plus de 30% de places en moins, tout en assurant un espace de circulation sécurisée aux cyclistes et aux piétons.

J’ose espérer que votre choix sur le cours d’Herbouville ne se fera pas au détriment des habitants et que leur parole sera entendue. En ce qui nous concerne, nous y seront très attentifs ".

La réaction de David Kimelfeld qui s'est refusé à répondre sur le fond à nos questions, est à l'image du personnage à ses pires moments : méprisant. 

Il m'a qualifié de "populiste", ce qui n'est pas un compliment républicain ! 

Sans doute mes questions lui ont-elles fait perdre le sens de la mesure ; ou est-ce la fatigue liée à un cumul d'activités politiques qui l'ont conduit à perdre son sang-froid ? 

En bon démocrate, David Kimelfeld n'a pas accepté que je lui réponde. Je lui ai donc promis une réponse écrite. Ainsi, la lettre ouverte suivante ne manquera pas d'aplanir nos différends.

Le Progrès de Lyon s'est fait l'écho deux jours plus tard de ces excès ; interprétant un soi-disant mouvement de tête de ma part. Par lettres recommandées, j'ai demandé un droit de réponse au Progrès de Lyon, en vertu de l'article 13 de la Loi de 1881 qui a été publié le 15 décembre. 

La réunion s'est terminée vers 19 heures 30, pas vraiment dans la joie et l'allégresse. La faute nous en revient mais nous faisons un travail d'opposition légitime et indispensable. 

Bonnes fêtes de fin d'année à tous.


5 décembre 2018

Lettre ouverte à David Kimelfeld (et réponse)


La Croix-Rousse, le 5 décembre 2018

Cher David,

Permettez que je m’adresse ainsi à vous, tant il est vrai qu’à force de cumuler les fonctions, rôles et responsabilités, je ne sais plus comment marquer une déférence à laquelle vous attachez la plus grande importance : président, maire, marcheur après avoir été secrétaire fédéral du PS, putschiste après avoir été dauphin putatif.

Après quatre années passées ensemble au sein du Conseil de notre belle Croix-Rousse, je préfère en effet cette salutation presque amicale pour répondre au joli compliment républicain dont vous avez bien voulu me gratifier hier soir lors de notre réunion publique mensuelle : « populiste ! »

Pourtant, vous le savez, lorsqu'un responsable politique n’a plus aucune réponse à fournir, lorsqu'il est acculé dans ses retranchements, lorsqu'il a lui-même voté le règlement qui lui permet de clore tout débat de façon unilatérale, il cède souvent à la tentation d’affubler son interlocuteur de ce sobriquet à la mode. 

Merci donc, cher David, pour ce qui est sans doute pour vous l’ultime anathème mais qui résonne pour moi comme la reconnaissance de la pertinence de mes questions.

Ces questions, posées lors du Conseil d'arrondissement du 4 décembre et auxquelles vous avez refusé de répondre sur le fond, quelles sont-elles ?

Vous avez engagé 206 000 euros à «la démarche participative, l’expérimentation de scenarii d’aménagement in situ et la réalisation de travaux » de la petite place de la Croix-Rousse. Cette somme produira-t-elle des aménagements définitifs ? Fallait-il pour ce faire l’intervention de tant de prestataires (urbaniste, sociologue, spécialiste de la concertation, spécialiste du design, …) ? Ne pouvait-on pas concerter et expérimenter de façon plus économe, en recourant notamment aux compétences des 17 000 agents que comptent la Métropole et la Ville de Lyon ? Enfin, à quelques mois d’une échéance municipale, ne craignez-vous pas que cette opération apparaisse comme un coup de pub électoraliste payé sur fonds publics ?

Au lieu de répondre point par point, vous avez préféré céder à la facilité et m’accuser de populisme. 

Vous me traitez publiquement de "populiste" ? Ah non, c'est un peu court, jeune homme ! 

Permettez-moi de vous retourner ce compliment dans une République qui a pour principe le « gouvernement du Peuple, par le Peuple et pour le Peuple » et de vous inviter à créer les conditions d’une vraie démocratie locale qui commencerait déjà par un bon fonctionnement de votre Conseil d'élus. 

Vous nous avez aussi demandé pourquoi nous ne participions pas activement aux débats publics organisés dans le cadre de ces concertations. La réponse est pourtant évidente mais vous n’avez pas accepté de l’entendre : le lieu du débat entre élus de la Croix-Rousse est le conseil du 4eme arrondissement que vous avez transformé en une chambre d’enregistrement.

Vos responsabilités et celles auxquelles vous semblez tant aspirer, exigent que vous infléchissiez vos comportements pour développer les vertus politiques qui vous manquent encore aujourd'hui : la force d’argumenter vos choix, la justice dans vos décisions, la prudence dans vos propos et la tempérance à l’égard de ceux qui ne sont pas vos ennemis mais tout du moins vos contradicteurs. Certains de vos amis pourraient rajouter le respect de ceux qui vous ont fait confiance.

Si votre destinée vous porte là où votre ambition regarde assidûment, vous devriez faire preuve de moins de mépris envers « ceux qui ne sont rien » ou presque.

Sachez que, n’ayant obtenu de réponse à mes questions, je vous les reposerai. Ainsi, cher David, vous aurez une nouvelle occasion de prouver que vous avez bien l’étoffe d'un chef politique, ouvert aux débats et à la confrontation des idées, et d’un responsable d’une grande collectivité alors même que, dans vos propres rangs, certains en doutent ouvertement.

J’espère que cette lettre aura pour effet de clarifier nos relations, en recherchant l’intérêt général que nous servons tous deux.

Salutations républicaines.


Josselin EDOUARD 

Elu du 4ème arrondissement de Lyon

Post-scriptum : suite à l'envoi de cette lettre à l'intéressé, David Kimelfeld m'a demandé par écrit "d'accepter (ses) excuses sur le mot populiste qui ne s'applique pas à vous". Et de me proposer de nous rencontrer en début d'année. J'ai été surpris mais sensible à sa réponse qui témoigne d'une aptitude peu commune à ce niveau de pouvoir. J'attends donc (et encore) cette belle rencontre, promise à l'issue d'un Conseil d'arrondissement.

8 novembre 2018

Conseil d'arrondissement du 6 novembre 2018

Le 6 novembre 2018 à 18 heures s'est tenu en mairie le Conseil d'arrondissement de la Croix-Rousse. Tous les élus étaient présents, excepté Emmanuel Hamelin excusé.Des projets de délibération étaient soumis au vote consultatif du Conseil (voir les documents publics). Parmi les quatorze projets de délibération soumis pour avis, je me suis intéressé avec ma colistière Marie Guyon aux huit dossiers suivants :

4-18-545 : Rapporteur : David Kimelfeld
OBJET : Fixation du nombre des adjoints au Maire du 4ème arrondissement de Lyon.

Par charité, nous ne sommes pas intervenus sur une délibération visant à redistribuer les postes d'adjoint d'arrondissement, suite à la démission d'Anne Mignotte, première adjointe et d'Abdelkader Selmi, conseiller d'arrondissement. De toute évidence, l'exécutif municipal est traversé par de forts désaccords et tensions ; à commencer par l'opposition désormais à peine masquée entre David Kimelfeld le maire d'arrondissement - président de la Métropole et Gérard Collomb, le nouveau "nouveau maire de Lyon" !   

Nous n’avons pas voté pour. Elle a été approuvée à la majorité.

4-18-550-29088: Rapporteur : Sylvie Pallomino
OBJET : Programmation PEDT Temps scolaire et périscolaire 2018-2019 : ajustements et compléments.

Nous avions annoncé lors du Conseil d'arrondissement du 11 septembre dernier que, de façon générale, nous trouvions "calamiteuse la conduite de ce dossier, faite de volte-face mémorables et de reniements successifs et que nous souhaitions rester à l'écart de ce dossier".

Nous n’avons pas voté pour. Elle a été approuvée à la majorité.

4-18-552-28898: Rapporteur : Valérie Schell
Objet : Attribution de subventions de fonctionnement à six associations pour un montant global de 88 900 euros sur le Fonds d’Intervention Culturel (FIC). Approbation de conventions.

Je suis intervenu pour dire que "ce type de délibération illustre parfaitement ce qu'il nous est trop souvent proposé de voter depuis le début du mandat : il s'agit d'une nouvelle délibération à "tiroirs". Dans un des tiroirs, par exemple, le Concours International de Musique de Chambre de Lyon (CIMCL) qui fait référence à l'échelle nationale et internationale. Dans d'autres, des projets qui ne sont pas sans intérêt mais restent incomparables. Nous donnerons un avis favorable pour ne pas pénaliser l'excellence des uns du fait des faiblesses des autres. Je rêve d'un temps où nous pourrons individualiser davantage les projets de délibération et où des choix seront possibles". 

Nous avons voté pour. Elle a été approuvée à l'unanimité.

4-18-553-28948: Rapporteur : Valérie Schell
OBJET : Fêtes de fin d'année - Illuminations et animations 2018 : attributions de subventions d'un montant total de 148 495 euros (illuminations) et 25 030 euros (animations) aux associations de commerçants - Approbation de conventions.

Nous venions d'assister à un débat interne à la majorité (ce qui semble en rester) sur l'utilisation des éclairages en ville, avec un souci exprimé par les élus d'EELV de forte réduction de ceux-ci. Pour autant, Etienne Tête et Marie-Agnès Cabot n'ont pas hésité à voter 148 495 euros d'illuminations dans l'arrondissement du 16 novembre au 13 janvier prochains ! 

C'est  compliqué d'être à la fois Europe-Ecologie-Les-Verts, dans un exécutif, et rester cohérents. 

Nous avons voté pour. Elle a été approuvée à l'unanimité.

4-18-554-28813 : Rapporteur : Virginie Varenne
OBJET : Convention d’installation, de gestion, d’entretien et de remplacement de lignes de communications électroniques à très haut débit en fibre optique entre Orange et la Ville de Lyon.

J'ai avoué ne pas comprendre cette délibération où il est écrit "Orange a sollicité la ville de Lyon pour la signature d'une convention". Je suis intervenu pour demander : "Si Bouygues nous avait demandé de signer une telle convention, conclue pour 25 ans, aurions-nous aujourd'hui un projet de convention avec Bouygues ? Où est le marché ? Où est la mise en concurrence ?". On m'a rassuré en m'indiquant que tout était légal et que la mise en concurrence avait été assurée par ailleurs. Au mieux, c'est un défaut d'information. 

Dormez citoyens, "ceux qui fument des clopes et roulent en diesel", "ceux qui ne sont rien", les "sans-dent", on s'occupe de tout. 

De guerre lasse, nous avons voté pour. Elle a été approuvée à l'unanimité.

4-18-555-28982 : Rapporteur : Virginie Varenne
OBJET : Rémunération des agents recenseurs – campagne de recensement de la population 2019.

J'ai fait remarquer que la rémunération des agents recenseurs restait identique à celle de 2010, malgré 8% d'inflation depuis cette date. Que n'avais-je dit devant l'ancien secrétaire fédéral du PS du Rhône ! La meilleure défense étant l'attaque, le maire-président s'est fendu d'un superbe et magistral : vous-même, ne feriez-vous pas cette économie ? 

Et non... et pourtant, je ne suis pas un ultra-keynésien, adepte de la dépense publique tout azimut, y compris en période de croissance

Nous avons voté pour. Elle a été approuvée à l'unanimité.

4-18-556-29205 : Rapporteur : David Kimelfeld
OBJET : Création d'une zone à faible émissions (ZFE) sur le territoire de la Métropole de Lyon - Avis des communes concernées.

Sur ce dossier à forts enjeux et impacts, notamment sur les déplacements dans Lyon (interdiction de circulation et de stationnement des véhicules selon leur nature et leur niveau de pollution CRIT'AIR, de façon permanente), je trouve l’idée à ce stade courageuse et effectivement ambitieuse. Mais je trouve le projet en même temps flou et incomplet.

"Une remarque : vous parlez de "changement climatique". Cela me semble un peu présomptueux de vouloir apprécier, à l’échelle d’une vie humaine, des évolutions souvent multi-séculaires. Sans rentrer dans le débat, je préférerais l’expression de "réchauffement climatique", incontestable et plus raisonnable pour le moment. 

Quatre questions :

Question N°1 : "On parle de dioxyde d’azote, produit par les véhicules et les installations de combustion. Les véhicules des particuliers sont-ils concernés ? Pourraient-ils le devenir ?" 

David Kimelfeld a indiqué en réponse que ceux-ci n'étaient pas pour l'instant concernés. Aussitôt, Etienne Tête est intervenu pour dire son incompréhension et demander que cet élément figure dans la délibération. David Kimelfeld a répondu que cet éclaircissement serait apporté et que la difficulté provenait sans doute de la transcription des propositions de la Métropole par les services de la Ville de Lyon. Nous avons été surpris par cet échange inattendu qui montre des approximations autour de ce dossier.

Question N°2 : "Vous évoquez les installations de combustion. Quid en effet du chauffage domestique ? "

La réponse du maire d'arrondissement et président de la métropole fut de rappeler que des aides étaient prévues pour pouvoir installer des équipements conformes et que cette problématique - notamment le chauffage au bois - lui valait régulièrement d'être chahuté lors de réunions publiques. 

Question N°3 : "Avec le NO2 (dioxyde d'azote), on parle de chimie. Pour mémoire, plus de 50% des pollutions atmosphériques seraient produits par l’industrie. Moins de 30% par les transports. Et la pollution chimique, comme les risques nucléaires (nous y reviendrons), ne s’arrête pas aux frontières administratives : quid de la vallée de la Chimie qui est à nos portes ? Quand le vent vient du sud, on ressent souvent une pollution sur Lyon. En 2011, un incident chez Total a poussé un vaste nuage de dioxyde de souffre sur l’agglomération. A quoi sert de créer une zone de faible émission à proximité immédiate d’une raffinerie polluante ? Est-ce que cette raffinerie perdurera ?"

A tort ou à raison, David Kimelfeld considère que la vallée de la Chimie mériterait aujourd'hui de changer de nom, tant - si je le comprends bien - elle ne serait plus source de pollutions. Je ne doute pas des changements positifs intervenus depuis 2011 et a fortiori depuis le temps où Raymond Barre veillait à son maintien pour des raisons purement économiques. Comme pour l'installation ICEDA, je demande néanmoins à vérifier.

Question N°4 : "Vous parlez de dérogations, notamment pour les fêtes foraines et autres cas mais aussi sur "demande motivée". Quels seront les critères pour dire oui ou non à un entrepreneur et demain à un citoyen ?"

En attendant une réponse, je ne peux que me réjouir que des dérogations puissent être accordées mais, dans le même temps, je ne souhaiterais pas que cela se transforme en une sorte de commerce "d'indulgences écologiques". C'est le risque. Je ne doute pas que David Kimelfeld ou le futur président (ou présidente) de la Métropole y portera une attention particulière.


Indulgence plénière accordée sous les trois conditions habituelles : 
confession , communion et prière  selon les intentions du pape

Nous avons voté pour. Elle a été approuvée à l'unanimité.

4-18-558-28985 : Rapporteur : Dounia Besson
OBJET : Rapport sur la situation en matière de développement durable - Année 2017.

Comme chaque année, il nous a été présenté un bilan des actions entreprises en matière de développement durable, sur l'ensemble des thématiques de la démarche : environnement, sociale et économique. 

Je suis intervenu en ces termes : "Beaucoup de belles intentions, de résolutions et même de réalisations dans ce rapport mais, concrètement, quelle application majeure dans notre arrondissement ? Je vous ai entendu parler de parcs et de lieux de fraîcheur. Dommage que cela ne se soit pas traduit par le rachat de l’îlot de la Poste, le maintien et le renforcement du verdissement dans ce lieu unique" : 5000 m2 en cœur de la Croix-Rousse où la municipalité a autorisé la construction de 80 logements supplémentaires ! 

Entre le discours et la pratique, le fossé se creuse ...durablement.

Nous avons voté pour. Elle a été approuvée à l'unanimité.

Questions diverses.

Marie Guyon a posé plusieurs questions.

Pour ma part, j'ai redemandé à être destinataire des informations relatives à la sécurité sur l'arrondissement depuis 2014. Virginie Varenne pensait que j'avais trouvé ces éléments dans l'article paru dans La Tribune de Lyon, à la suite de ma question du 11 septembre dernier. David Kimelfeld lui a rappelé que la presse locale n'est pas encore chargée de répondre aux demandes internes d'information des élus. Merci David !

La séance a été levée vers 20 heures 30.

18 septembre 2018

ICEDA : l'amour du risque ?



Comme de nombreux lyonnais, j'aime la région du Bugey, ses villes, ses paysages que l'on voit depuis l'esplanade du Gros Caillou.

J'apprécie nettement moins le projet ICEDA - au cœur de la centrale du Bugey - conduit par EDF et qui consiste à stocker 2000 tonnes de produits radioactifs en provenance de plusieurs centrales françaises, le tout à 45 mètres du Rhône et à 20 km des principales nappes phréatiques qui alimentent Lyon et sa métropole !



Le 25 novembre 2017, j'avais parlé de ce projet, opérationnel depuis janvier dernier, au président de la Métropole qui semblait en ignorer l'existence. Durant le Conseil d'arrondissement du 5 décembre, David Kimelfeld m'écrivait qu'il avait saisi oralement le préfet et m'indiquait sa volonté d'écrire au PDG d'EDF.

Ces informations étaient évidemment réconfortantes mais, depuis cette date, je n'avais plus de nouvelles.

Aussi ai-je adressé, le 27 mars dernier, le courrier recommandé ci-dessous au préfet de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

En juin, l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a bien voulu m'accorder une réponse, en lieu et place du représentant de l'Etat. Cependant, cette réponse technique (cf. infra) ne me satisfait pas et n'apaise pas mes craintes. 

La  décision très récente de la Métropole de demander son adhésion à la Commission locale d'information de la centrale nucléaire du Bugey - à l'instar de Genève - semble toutefois attester d'une prise de conscience de la part de ses dirigeants et de certains élus écologistes que le débat sur l'environnement ne peut se limiter à de sempiternelles interventions sur les couches lavables et que, sauf à avoir l'amour du risque, des démarches doivent être menées pour s'assurer de la pertinence de cette installation.

Vous pouvez compter sur moi pour suivre cette affaire et vous tenir informés. 



[Ci-après le texte de la lettre recommandée]

"Monsieur le préfet,

Elu de la Ville de Lyon, conseiller d’arrondissement de la Croix-Rousse, je me permets d’appeler votre bienveillante attention sur l’entreposage de très importantes quantités de déchets radioactifs sur le site de la centrale nucléaire du Bugey, à proximité immédiate du Rhône et en amont des champs de captage d’eau potable situés à Vaulx-en-Velin et de Rillieux-la-Pape, principales sources d'alimentation de Lyon et de la Métropole.

La création de cette installation de 8000 m2 qui recevra à terme plus de 2000 tonnes de déchets, issus de neuf réacteurs français (dont Bugey 1) en cours de déconstruction, à moins de 45 mètres du fleuve, a été autorisée par le décret du 23 avril 2010.

Toutefois, l’histoire récente montre - si nécessaire - que les lois et décrets n’ont jamais neutralisé les risques, en particulier nucléaires, alors qu’en matière de protection des populations et à mesure qu’on se rapproche des grandes agglomérations, il convient de rechercher une assurance de plus en plus raisonnable.

Cette « Installation de Conditionnement et d’Entreposage de Déchets Activés » (ICEDA), dite temporaire mais néanmoins prévue pour durer cinquante ans, est-elle raisonnable alors que la zone géographique est connue pour son exposition aux risques sismiques – sans compter les risques inhérents à ce type de technologie dans le contexte actuel ? Est-il raisonnable de rajouter du risque aux risques, sachant que la centrale du Bugey figure déjà parmi les plus anciennes et que des associations ont porté plainte récemment à l’encontre d’EDF pour une importante fuite de tritium qui serait consécutive à une accumulation de dysfonctionnements sur ce site ?

Mes inquiétudes sont renforcées du fait que Lyon, situé à vingt-neuf kilomètres au plus proche du CNPE du Bugey n’intègre pas – malgré une mesure d’élargissement récente - le périmètre du Plan Particulier d’Intervention (PPI) associé et que ses 520 000 habitants ne bénéficieraient pas, en cas d’accident majeur, d’un plan d’actions qui prévoit notamment l’information immédiate des populations et l’ingestion de comprimés d’iode stable, pré-distribués. Il en est de même pour la grande majorité des habitants de la Métropole.

Parce que je ne doute pas que vous avez envisagé les conséquences funestes et durables que pourraient engendrer une fuite et/ou un déversement de matière radioactive à vie longue dans le Rhône pour la troisième agglomération de France et l’ensemble de l’axe rhodanien, je vous saurais gré de bien vouloir m’apporter des éléments d’information de nature à apaiser mes craintes et celles de nos concitoyens.

Je vous prie de croire, Monsieur le préfet, en l’expression de ma très haute considération."



[Ci-après la Réponse de l'Autorité de Sûreté Nucléaire]