30 juin 2020

Remerciements

Avec un score au premier tour de 6,7 % des suffrages sur la circonscription Lyon Centre, derrière Les Républicains (8,4%), et une tête de liste qui décide de ne pas fusionner, la possibilité d'un second mandat a disparu de facto avant même le deuxième tour des élections métropolitaines de 2020 et, avec elle, mon mandat d'élu de la Croix-Rousse qui prend fin ce jour. 

Au terme de celui-ci, je souhaite remercier en premier lieu les 4857 électeurs (37,46 % des suffrages exprimés) du 4ème arrondissement qui nous ont apporté leur soutien le 30 mars 2014. Avec mes colistiers élus, Emmanuel Hamelin et Marie Guyon, j’ai porté leur voix pendant six ans durant lesquelles nous sommes restés unis, présents et actifs au sein du Conseil de la Croix-Rousse. 

Je n'oublie pas mes colistiers non élus en 2014, sans qui ce travail bénévole n'aurait pas été possible : Yves Botton, Isabelle Nicolas-Charles, Pierre-Christophe Lamarche, Dominique Marchand, Fernand Chambon, Corinne Bellisand, Bernard Jaboulet, Martine Rigaud, Abdel Remadi, Florence Chabran et Charles Crouzet.

De même, je remercie Michel Havard, candidat à la mairie de Lyon en 2014, à l’invitation duquel je me suis présenté. Durant ce mandat, Michel a fait le choix de se retirer de la vie politique pour suivre son parcours professionnel. Ils sont rares les politiques qui, parvenant à l’âge où tout devient possible, font finalement un tel choix ! Beaucoup d’entre eux, à Lyon comme ailleurs, dépendent de leurs indemnités pour vivre ou de leur mandat pour exister sur le plan quasi personnel. Avec le temps, beaucoup deviennent des professionnels de la chose publique, engagés trop jeune, biberonnés au cursus honorum et incapables d’envisager une reconversion. Michel avait pris soin de garder prise avec la pratique d'une profession et a choisi de tirer sa révérence. Chapeau bas, l’ami. Le score que tu réalises en 2014 s’avère loin au-dessus de celui obtenu par tes détracteurs, éphémères alchimistes de la transmutation des voix. 

Je veux remercier les nombreuses personnalités et responsables que j’ai rencontrés sur le Plateau pendant ces six années. Mes pensées s'adressent notamment aux membres de l’Esprit Canut, du collectif Canutopie, de la République des Canuts et de l’Association Laïque de la Croix-Rousse.

Même au plus humble niveau qui est celui d'élu d’arrondissement, la vie politique est une expérience qui bonifie. Elle vous oblige à aller à la rencontre de l’autre et de ses différences. Elle est une expérience de l’altérité et un exercice permanent d'écoute et de tolérance. Je remercie toutes celles et ceux que j’ai pu croiser lors d'évènements, de réunions ou de cérémonies. Ce fut pour moi un enrichissement que d’échanger avec eux, y compris lorsque mes interlocuteurs ne partageaient pas mes convictions. Je les remercie de m’avoir ouvert de nouvelles perspectives, de nouveaux horizons. 

La vie d’élu, c’est la confrontation des idées, des points de vue, au sein d’une assemblée et au quotidien. C’est la prise de parole avec les risques que cela suppose, en particulier quand vous êtes un élu d’opposition qui doit faire vivre la démocratie locale. Il s’agit d’un rôle et d’une responsabilité essentiels. 

Dans son Marchand de Venise, Shakepeare fait dire à Gratiano : « Je tiens le monde pour ce qu'il est, un théâtre où chacun doit jouer un rôle, et le mien est un rôle triste ». Le rôle d’élu d’opposition n’est pas des plus simples, ni des plus plaisants. Quand cela est nécessaire, il faut dire son désaccord et ce n’est pas chose aisée quand on a la possibilité de rester silencieux. Ceci explique que la plupart des 138 élus d’arrondissement de Lyon ne comptent aucune intervention à leur actif et font le choix de l'inaction. Au-delà du rôle, il y a pourtant la responsabilité qui consiste, par la disposition des choses, à arrêter le pouvoir par le pouvoir. Depuis mars 2014 et comme en témoigneront ces pages, je suis intervenu à maintes reprises pour infléchir ou faire obstacle aux volontés du maire de la Croix-Rousse et de son équipe. Cette responsabilité n’a pas été du goût de l’exécutif qui me l'a souvent fait savoir.

Pour autant, je souhaite remercier David Kimelfeld qui a joué pendant neuf ans le rôle de premier magistrat local, en portant les responsabilités de maire du 4ème arrondissement depuis 2011 jusqu’à sa défaite. Nous n'avons pas toujours été d'accord. Je n'ai aucun goût pour le clientélisme ou la trahison, aucune appétence pour la captation des moyens publics ou l'hyper interventionnisme économique. Nous nous sommes donc opposés sur un certain nombre de projets. Quelquefois, David Kimelfeld semblait tenir avec plus ou moins de conviction la position de son mentor (rythmes scolaires, musée des Tissus, ...). D'autres fois, je l'ai senti plus engagé (ilot de la Poste, ex collège Serin, ...). Dans tous les cas, je ne regrette aucune de mes déclarations que j'ai relatées sur ce site : elles furent toutes motivées par un souci de justice, formulées avec tempérance même si elles ont pu être exprimées avec force. 

Contrairement à une opinion trop communément répandue, la politique est un don de soi. Endosser la responsabilité d'élu, d'adjoint ou de maire, c’est avant tout donner de sa personne, en sacrifiant une part de son temps et de sa vie privée. Indépendamment des choix et des convictions de chacun, j’ai du respect à l’égard de ceux qui - comme David Kimelfeld - quittent le confort de l’anonymat pour entrer dans l’arène publique. Aussi, je remercie tous mes collègues élus au sein du conseil d'arrondissement pour leurs engagements pendant ces six années : Marie-Agnès Cabot, Etienne Tête, Geoffroy Bertholle, Dounia Besson, Christophe Dercamp, Anne Mignotte, Sylvie Palomino, Valérie Schell, Abdelkader Selmi, Jean Truc et Virginie Varenne. 

Comme de nombreux sortants sur Lyon, victimes des petites combinazioni de la basse politique, je ne me suis finalement pas présenté à l’élection municipale dans le 4ème, non par désintérêt pour mon arrondissement mais parce que les leaders du centre et de la droite prêchaient soit en défaveur de l'union qui est pourtant la condition sine qua non du succès, soit en faveur d’un renouvellement systématique et dépourvu de sens : ce qui peut s’appliquer à des élus qui cumulent à tous points de vue, ne se justifie pas pour ceux sortis récemment des urnes, porteurs d'un unique mandat et vivant depuis longtemps là où ils prétendent être élus.

Parmi les artisans de cette stratégie qu'on peut qualifier de mauvaise au vu des résultats, notamment dans le 4ème arrondissement de Lyon où la liste LR de la conseillère régionale Anne Pellet, fraîchement parachutée de la Confluence, n'aura pas dépassé la barre des 18 %, figure en bonne place l’ancien maire de Divonne-les-Bains, devenu en 2015 premier vice-président de la Région et en octobre 2018 le candidat LR à la mairie de Lyon. 

Chacun sait que je n’aurais aucune raison de faire figurer ici le nom d'Etienne Blanc si ce n’est que, par une sorte de ruse de l’histoire, nous apprîmes à nous connaître après que les listes furent déposées et que, en quelque sorte, le destin de cette élection fut scellé. Et, comprenne qui pourra, je lui adresse aujourd’hui mes remerciements, non pour m’avoir éliminé de la compétition, non pour m'avoir évité de participer à cette énième déroute d'une droite lyonnaise qui s'auto-digère tous les six ans, mais pour avoir su a posteriori s’intéresser à votre serviteur, lui avoir consacré du temps et adressé les mots qu’il convenait. Il faut être un honnête homme pour savoir reconnaître ses erreurs : tel est le cas d'Etienne Blanc que je salue en ami.

Enfin, je remercie Etienne Blanc pour avoir accepté, à mon invitation, de rencontrer Denis Broliquier le 10 février dernier et de lui avoir fait - en présence de François-Noël Buffet, candidat à la présidence de la Métropole - une proposition très attractive au vu des sondages du moment. Le Lider Minimo des centristes lyonnais n'a pas jugé utile de saisir cette main tendue qui aurait pu - Covid19 en moins - redynamiser la campagne et améliorer le score final. Quel gâchis !

Last but not least, j’adresse mes remerciements au sénateur Jean-Paul Emorine pour son indéfectible soutien. L’ancien président de la commission économique du Sénat qui cessera prochainement ses fonctions de parlementaire est un homme politique d’une grande droiture. Il aura été pour moi un modèle de comportement public : son pragmatisme d’élu de terrain, sa discrétion qui n’a rien enlevé à l’efficacité de son action et son incorruptibilité ont été une source d’inspiration pendant ce premier mandat.

Je souhaite bon courage aux nouveaux élus lyonnais et grands lyonnais, dans un contexte de montée des tensions et des violences qui ne manque pas de m'inquiéter. Les défis qui les attendent sont immenses et pas seulement climatiques. Espérons en particulier que les six prochaines années permettront à nos verts édiles de préserver la prospérité, la concorde et la paix qui ont fait de Lyon, de sa région et de ma chère Croix-Rousse, des lieux où il fait encore bon vivre. 

Josselin EDOUARD.