Qui suis-je ?

Je suis le fils de Jean-Pierre EDOUARD et de Michèle ROSAY, tous deux nés à la Croix-Rousse et mariés en 1963 à la mairie du 4ème arrondissement.

Mon père a passé sa jeunesse sur les pentes, rue de l'Annonciade ; ma mère, entre la rue Belfort et la rue d'Ivry où habitait mon arrière grand-mère Eugénie Cochet née Verchère, guimpière, mariée en seconde noce avec un teinturier de la rue Dumenge. En premier mariage, mon arrière grand-mère avait épousé Antoine Haasz, mécanicien de la soierie le jour et comédien à ses heures perdues : il avait fait ses débuts, avant la 1ère guerre mondiale, au petit théâtre du père Coquillat - le Théâtre de la Gaieté - 7 rue Diderot, dans les Deux Orphelines avec Charles Dullin.

Sorti blessé mais sauf de la Grande guerre, sans doute traumatisé par cette expérience inhumaine, mon arrière grand-père opta définitivement pour la comédie et la vie itinérante d'artiste, en abandonnant femme et enfants dont sa fille, la petite Marie, ma grand-mère maternelle. Cette dernière, née en avril 1914, rencontra mon grand-père maternel au début des années vingt, autour de la place de Belfort (actuelle place Bertone) où ils jouaient ensemble et dans ce cœur historique de la Croix-Rousse que j'affectionne particulièrement.

Elle devint tisseuse puis ouvreuse et caissière au cinéma Chanteclerc, avant de s’occuper de la Chemiserie René, sise place de la Croix Rousse (du prénom de mon parrain, René Burgal-Beguin, vice président de l’Union des commerçants) ; Mon grand père maternel fut typographe et metteur-en-page pour les journaux lyonnais. Fils d'Auguste Rosay, artisan boucher et trésorier de la Société de Secours Mutuel des Anciens Chasseurs d'Afrique, il était adepte de la philosophie de Guignol et très attaché à la Croix-Rousse qu'il n'a jamais quitté jusqu'à sa disparition en 1994. S'il « descendait à Lyon » chaque soir pour travailler, à l’Echo Liberté ou au Progrès, rue Bellecordière, il revenait chaque matin avant l'aube pour retrouver sa chère Croix-Rousse.

Comment ne pas parler aussi de mon arrière-grand-mère, Marie Jouglard, originaire de la Bresse et fin cordon bleu qui tenait au début du siècle dernier, une pension de famille, au 1 rue Belfort où passait Monseigneur Lavarenne qui, sous le nom de Benoît Lerégent, écrivait des comédies pour Guignol et des histoires savoureuses qu'il racontait aux pensionnaires.

Me voici donc issu d'une longue lignée de croix-roussiens, la plupart ouvriers et ouvrières de la soierie. Mes aïeux tisseurs, teinturiers (Jean-Baptiste Verchère né en 1833 habitait 29 rue Imbert Colomès), ourdisseuses, dévideuses mais aussi blanchisseuses sur les Plates du Rhône étaient propriétaires de peu de biens. Travailleurs acharnés, courageux et solidaires, iIs connurent des périodes de prospérité et de chômage. Petit peuple raisonnable, ils luttèrent contre l'injustice sans jamais céder aux sirènes de l'internationalisme dont ils se méfiaient. Et en cherchant plus en avant, les retrouverions-nous sur les lieux de révolte, à écrire avec leur sang la devise qui est sur notre mairie : " vivre en travaillant ou mourir en combattant". Enfin, en remontant plus loin, je pourrais évoquer ce dénommé « Guy en Serin » recherché par le tribunal révolutionnaire de Lyon, père ou grand père de mon ancêtre Marc Antoine Guy, chapelier de métier, et de sa fille, marie-Jacqueline qui habitera plus tard la rue Dumenge. En 1793, ce Guy en Serin fuit Cuire-La-Croix-Rousse rebaptisée commune Chalier : il était sans doute Rolandiste, un brin frondeur et peu disposé à supporter la folie jacobine et les diktats parisiens de la Convention Nationale !

Du côté paternel, de la Croix-Rousse des pentes et venant des Dombes, je suis fils d'entrepreneurs et attaché aux valeurs de dévouement qu'incarnent à mes yeux mon père et mon grand-père, Pascal Edouard, Chevalier dans l'Ordre National du Mérite et dans l'Ordre du Mérite Social qui fut président national des Plâtriers Staffeurs.

A 46 ans, j'habite depuis 15 ans dans le 4ème arrondissement où mes trois filles ont toutes été scolarisées, entre le groupe scolaire Jean de la Fontaine, le collège Clément Marot et le lycée Saint-Exupéry. Responsable pour le compte de huit Chambres d'agriculture de Rhône-Alpes, je travaille - depuis plus de dix ans - à Gerland au service des agriculteurs rhônalpins.

Diplômé de l'EM Lyon, de l'Institut d'Etudes Politiques de Lyon (DEA) et de la Faculté de Droit, ancien assistant à l'Assemblée nationale puis au Sénat, ancien collaborateur de Raymond Barre, je suis passionné d'histoire et licencié de la Faculté des Lettres et Civilisations de Lyon III où j'ai rencontré - il y a 25 ans - mon épouse Sylvène, petite-fille de Jean Laurent, créateur du tissu Elastiss et industriel rue Barodet.

Je suis aujourd'hui très honoré d'être intronisé et admis au sein de la République des Canuts, chère à Gaby Caillet, et je m'engage à prendre le plus grand soin, avec mon expérience de l'agriculture, de ce pied de vigne qui m'est confié et qui symbolise mon enracinement dans ce terroir Croix-Roussien, ma patience pour aboutir et ma ténacité à défendre mes idées.


Biographie en vue de l'intronisation dans la République des Canuts, le 5 avril 2014