4 novembre 2014

Pourquoi nous n'irons pas à l'inauguration du pont Schuman


Deux raisons : la première est accessoire ; la seconde essentielle.

Sur la forme, être invités à l'inauguration d'un pont par mail et la veille pour le lendemain est à la fois cocasse et inacceptable. 

Qu'on nous traite avec légèreté, qu'importe ! Qu'on nous prive de tous moyens, pourquoi pas... Mais, ne pas nous tenir informés ou en dernière minute des évènements importants qui concernent notre arrondissement est une autre affaire : ce n'est pas un comportement républicain car il exclut quand l'opportunité est de rassembler. Pourquoi ne pas avoir annoncée la date lors du dernier Conseil d'arrondissement ? Sommes-nous à ce point des élus "de seconde zone" pour mériter ce traitement ? 

Sur le fond, nous aurions néanmoins décliné cette invitation. Pourquoi ?

Le pont Schuman est une superbe réalisation sur le plan technique et esthétique, au détail près qu'il est mal situé. Notons qu'il s'agit d'un détail à 39 millions d'euros dont le but avoué initialement était de "pacifier les voiries du 9ème", en détournant le trafic automobile sur la rive gauche de la Saône, classée parmi les espaces naturels sensibles du département du Rhône et, par ailleurs, zones inondables.

17ème pont à Lyon, il est un des rares de ce gabarit en France à ne pas permettre une circulation aux quatre points cardinaux. De Vaise, il butte contre la Croix-Rousse plutôt qu'il ne les relie. Le "ricochet du galet sur l'eau" que symbolisent ses deux arches, s'arrête bien vite, après ses deux premiers rebonds, dans la balme et ses immeubles d'habitation... Combien cet équipement d'agglomération aurait été plus utile devant la montée des Forts ou autres, en améliorant à cette échelle le lien entre l'ouest lyonnais, le plateau et la Presqu'île de Lyon. Là où il se situe, le pont Schuman sera donc un pont peu utile voire "inutile" comme le soulignaient récemment, pour d'autres raisons, les élus EELV. 

La finalité d'un pont n'est pas d'être beau mais, avant tout, d'être utile. Le pont Schuman aurait pu être les deux à la fois : cela ne sera malheureusement pas le cas.

Enfin, comment inaugurer en grande pompe un ouvrage qui incarne, à ce point, un contre exemple en matière de concertation publique. Rarement, celle-ci aura été autant feinte. Pire encore, pour faire accepter un projet qui a suscité dès le départ la réprobation de nombreux habitants, inquiets des nuisances, on aura eu recours à la duperie de haut niveau comme en atteste la lettre, signée le 30 octobre 2007 de la main même de celui qui coupera ce soir le ruban tricolore : Gérard Collomb.

Pour apaiser leurs courroux, le président du Grand Lyon et maire de Lyon avait notamment promis que le pont Schuman "serait bien un pont urbain et non un pont autoroutier", avec moins de 25 mètres de large. A vos mètres-ruban : vous compterez 27 mètres, haut la main. Tout un symbole ! 

Marie Guyon, Emmanuel Hamelin et Josselin Edouard
Conseillers de la Croix-Rousse.